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Rasta'n Queen - Victor Hasch


Il faut être ABSOLUMENT moderne. Cette référence à Rimbaud n'étonnera pas : on sait que Victor Hasch n'a laissé de saisir sur la toile l'Homme aux semelles de vent.

Il faut être absolument MODERNE, parce que l'œuvre d'art par essence doit apporter du beau inédit.

Or être moderne aujourd'hui, c'est recycler.

Ce n'est donc pas le hasard — dont Victor Hasch assure farouchement l'inexistence — si la première coiffure de la reine a pour substrat un carton sur lequel sinue rouge le symbole du recyclage moderne. Et l'on peut dire de ce carton qu'il a été doublement recyclé, d'abord industriellement, comme carton né du carton, ensuite artistiquement, pâte intégrée à la pâte, devenu définitif élément du tableau. Car recycler, c'est soit reproduire le même, et souvent de moindre qualité, soit réutiliser à d'autres fins. Et il est évident que le recyclage concerne les influences avec la même alternative : refaire ce qui a été déjà fait avant soi ou s'emparer des œuvres de ses prédécesseurs pour les transmuer en une synthèse personnelle.

C'est cette alchimie personnelle que signale le sanglant point d'exclamation, dont le rouge fait écho au rouge du symbole évoqué supra. On peut donc dire que ce premier portrait livre la clef de l'esthétique de Victor Hasch, celle du triomphe de l'interpicturalité : oui, Wharol, Basquiat..., je peins par eux, mais Marie-Antoinette, c'est MOI.

« La peinture doit faire voyager et j'y trouve des plaisirs plus forts qu'ailleurs qui m'empêchent de mourir. Je ne sais rien faire à moitié et quelque part l'art est un carnage. »

Victor Hasch

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